Les enfants de cœur, Heather O’Neill – 2019 – Ed. Points, 480 p.

La sélection du Prix du Meilleur Roman 2020 des lecteurs Points continue ! Le deuxième titre de ce concours est Les enfants de cœur d’Heather O’Neill. Cet article a été complexe et douloureux à écrire. Je souhaite exprimer mes avis avec une totale transparence. J’ai donc dû le rédiger, le relire, le modifier et le remodifier avant de le publier. Voici donc mon avis…

Ce roman, qui est le troisième ouvrage de l’écrivaine, traite de sujets forts (notamment de la Grande Dépression au début du XXème siècle) dans une ambiance très moderne, avec une pointe de féérie. C’est avec regret que j’annonce que ce roman ne m’a absolument pas convaincue.

Résumé

Rose et Pierrot sont deux enfants non désirés, abandonnés par leurs jeunes parents, qui ont grandis dans un orphelinat à Montréal au début du XXème siècle. Ils développent un amour d’enfance, naïf qui, selon eux, est plus fort que tout. Mais les épreuves de la vie permettront-elles à ces enfants de conserver l’amour qu’ils ont développé ? Face aux manipulations d’Elodie, la nouvelle religieuse de l’orphelinat, leurs chemins se sépareront. Réussiront-ils à se retrouver ?

Mon avis sur l’œuvre

Que ça a été difficile de terminer cette histoire ! Pourtant emballée dans un premier temps avec le résumé, ma déception n’a cessé de s’agrandir jusqu’à la dernière page. J’avais peu apprécié Roissy, le premier ouvrage de la sélection des éditions Points, mais là… Je suis particulièrement étonnée. Ce livre, j’aurais pu le choisir par moi-même dans une librairie. La couverture est me plait, le résumé m’a intriguée. La Grande Dépression, je m’y connais peu. Sur un fond historique, j’aurais apprécié en apprendre plus sur les crises qu’a subi le Canada. Que nenni.

Le début de l’ouvrage m’a particulièrement dérangé et a créé en moi une méfiance qui s’est inscrite pendant toute la lecture du livre. Le sujet débute sur un fond que j’ai trouvé très féérique, comme un conte raconté à un enfant. Bon soit, pourquoi pas ! Et puis, une fois les présentations des différents protagonistes faites, la situation du livre s’est particulièrement assombrie. L’arrivée d’Elodie n’y est pas pour rien. Pour mettre dans l’ambiance, Elodie est une religieuse qui s’amourache de Pierrot. Sûrement pas une nouveauté, le jeune garçon, à peine âgé de dix ans, va subir des attouchements par celle-ci. Inutile de préciser à quel point ce thème est terriblement délicat… Il est important d’exprimer les horreurs de la nature, des comportements de l’homme, de mettre au courant les lecteurs sur des sujets sensibles. Néanmoins, je pense que la violence sur un enfant aurait dû être abordée avec plus de méfiance. L’écrivaine en dispose peu, de méfiance. C’est avec des mots crus qu’elle décrit les attouchements du petit garçon. Bon ok, soit, sûrement est-ce une volonté de décrire au mieux ces moments douloureux. Et puis soudain… L’enfant, dont le corps et l’esprit se développent, est partagé entre un sentiment de culpabilité et un sentiment de plaisir. Face à ces changements, son comportement et ses pensées évoluent. D’un coup, l’enfant se mettrait à penser en des termes tels que « baiser ». Aujourd’hui, avec l’importance des films pornographiques sur le web, leur accès trop peu limité aux enfants, je voudrais bien croire qu’un enfant de dix ans emploie le terme de « baiser une jeune fille ». Mais me fera-t-on croire qu’un enfant qui ne connait rien du sexe et de son corps, puisse ainsi penser en des termes aussi crus ? Ceci m’a beaucoup dérangé, j’ai eu du mal à me mettre dans l’esprit de cet enfant qui pense à la fois comme un enfant et comme un adulte. Peut-être suis-je en train de me voiler la face, à penser que c’était bien trop extrême. Dans tous les cas, j’ai débuté cette histoire avec beaucoup de préjugés.

L’histoire ne s’est pas réellement adoucie. Pendant au moins la moitié du livre, l’écrivaine nous farce de scènes sexuelles et crues qui n’ont absolument aucun sens (à mes yeux du moins). Alors oui, aujourd’hui les livres qui disposent de telles scènes se vendent comme des petits pains. Mais bon Dieu… Sérieusement ? Est-ce cela la littérature d’aujourd’hui ? Les scènes de sexe, dans un livre, doivent avoir une importance, un sens. Insérer une telle scène juste pour attirer l’attention du lecteur, c’est barbant. Je ne mentirais pas en disant qu’il y avait au moins une scène de sexe toutes les cinq pages. L’ennui… Je ne m’intéresse vraiment pas à ces types d’écrits. Ces scènes, à l’exception peut-être de démontrer la folie perverse des individus pendant la Grande Dépression, n’avaient aucun but… Peut-être ai-je mal saisi l’objectif de l’écrivaine ? Probablement suis-je complètement à côté de la plaque.

La seconde partie de l’ouvrage était plus intéressante. Néanmoins la méfiance qui s’était installée dans mon esprit était quasiment impossible à déloger. L’histoire aurait pu nous porter dans la Grande Dépression. Nous aurions pu apprendre l’histoire du Canada. Et au contraire, j’ai l’impression d’en connaître toujours aussi peu.

Conclusion

Je ne suis pas convaincue par l’écriture d’Heather O’Neill. Cette écrivaine, qui est bien ancrée dans son temps, n’a pas su attirer mon attention et m’a ennuyée. Néanmoins, malgré cet article qui fut complexe à écrire, j’ai connaissance de l’avis de mes co-jurés qui ont beaucoup apprécié le côté moderne de son écriture. Je pense que je ne suis, tout simplement, pas intéressée par ce type de littérature. Mais j’encourage tout de même les curieux à se plonger dans son livre !

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