Et maintenant il ne faut plus pleurer, Linn Ulmann – 2014 – Ed. Babel, 399 p.

Ma nouvelle découverte est un roman norvégien (peut-être le premier que je lis d’ailleurs). Linn Ulmann est une critique littéraire qui réside à Oslo. Son premier roman, Avant que tu ne t’endormes, sorti en 1999, a fait un carton en Norvège. Et maintenant il ne faut plus pleurer est son cinquième roman. Il retrace le destin tragique d’une famille brisée dans laquelle les drames s’accumulent. C’est un roman très intéressant, sans filtre et assez sombre, qui nous plonge dans une famille loin d’être parfaite.

Résumé

Jenny fête ses 70 ans. A cette occasion sa fille Siri lui organise une réception d’anniversaire. De cette réception, personne n’en veut. Siri recherche l’amour et l’attention de sa mère. Il faut dire que leur relation n’a cessé de se dégrader. En effet, lorsqu’elle n’était qu’une enfant, elle se baladait seule en forêt avec son petit frère, près d’un étang. A la suite d’un accident, Syver a glissé et s’est noyé. La famille a tenté de se reconstruire après ce drame qui a bouleversé l’affection de Jenny vis-à-vis de sa fille.

Siri et son mari Jon décident d’engager Mille, une jeune adolescente, afin d’aider pour s’occuper de leurs enfants et préparer la fête d’anniversaire. Cette fête, si peu désirée, sera l’évènement d’un nouveau drame lorsque Mille franchira le grillage de la grande maison pour ne plus jamais revenir.

Mon avis sur l’œuvre

La littérature de Linn Ulmann est sombre. Elle ne semble pas rêver, ne souhaite pas mentir sur la situation de ses personnages. Les sentiments sont retracés avec beaucoup de réalité. À la suite du drame qu’elle a vécu pendant son enfance, Siri est touchée dans ses sentiments, dans sa perception de la vie. Cette femme, parfois froide, semble décharger sa colère contre les autres et notamment Mille. Elle cherche également à récupérer désespérément l’amour de sa mère, une mère qui a cessé de respirer et de vivre le jour où elle a perdu sa progéniture. Des sentiments complexes qui ont conduit la relation qu’elle développait avec sa fille au désastre.

Et puis il y a Jon. Un écrivain qui dédit sa vie à la rédaction de son troisième roman. Un roman qu’il n’arrive pas à rédiger, l’angoisse de la page blanche. Cet homme pour qui sa femme se dévoue. Siri travaille dur dans son restaurant afin de permettre à son foyer de vivre, avec les simples revenus qu’elle rapporte et les avances financières de la maison d’édition de son mari. Et puis, on apprend que Jon a commis un adultère. Un, deux ou trois ? C’est difficile à déterminer. Un, c’est la version officielle. Mais il flirte, ce Jon, avec la petite Mille, la baby-sitter. Il recherche la tendresse qu’il ne semble plus trouver auprès de sa femme.

L’adultère subi par Siri est particulièrement bien développé dans le roman. Sans aller dans des excès de violence, en poursuivant une volonté de surmonter les épreuves qui les touchent, Siri et Jon s’expliquent. La douleur n’en est pas moins présente, le désarroi de Siri fait très mal au cœur. Sa réaction est extrêmement réaliste, n’atteint pas le superflu. Cette volonté de prolonger une relation après avoir atteint la trahison ultime du couple m’a beaucoup touchée.

Attention spoiler : Le livre traite de sujets délicats, très sombres. Nous avons dans un premier temps la mort de Syver qui est abordée mais qui ne représente pas réellement le sujet principal de l’histoire, plutôt son commencement. Ensuite, nous observons le développement d’une relation froide et peu attentionnée entre Siri et Jenny. Également, l’adultère de Jon. Et pour finir, pour solder ce roman, à nouveau la mort. La mort sous trois aspects différents, mais très touchants. D’abord la mort de Mille, suivie par le désarroi de ses parents qui ne cessent de contacter Jon et de le harceler, insistant sur le fait qu’il avait connaissance de plus d’informations qu’il ne prétendait avoir sur la disparition de la jeune fille. Mais également la mort du chien et grand compagnon de Jon. Un animal qui prend une place importante dans l’histoire et dont le décès émeut. Un amour inconditionnel d’une bête pour son maître, les attentions d’un maître pour son animal malade. Pour terminer, nous avons la mort de Jenny. Cette mort est capitale dans l’œuvre, et entraîne des sentiments puissants de regrets chez Siri.

Conclusion

Ce roman norvégien a été intense. Traitant de sujets délicats, sans voile. Je ne savais pas dans quel type d’ouvrage je m’engageais, mais j’ai été très touchée par ce livre qui gardait le cap sur la retranscription des sentiments humains. Un roman qui s’ouvre et se ferme sur la thématique de la mort. Une très belle histoire !

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