Et maintenant il ne faut plus pleurer, Linn Ulmann – 2014 – Ed. Babel, 399 p.

Ma nouvelle découverte est un roman norvégien (peut-être le premier que je lis d’ailleurs). Linn Ulmann est une critique littéraire qui réside à Oslo. Son premier roman, Avant que tu ne t’endormes, sorti en 1999, a fait un carton en Norvège. Et maintenant il ne faut plus pleurer est son cinquième roman. Il retrace le destin tragique d’une famille brisée dans laquelle les drames s’accumulent. C’est un roman très intéressant, sans filtre et assez sombre, qui nous plonge dans une famille loin d’être parfaite.

Résumé

Jenny fête ses 70 ans. A cette occasion sa fille Siri lui organise une réception d’anniversaire. De cette réception, personne n’en veut. Siri recherche l’amour et l’attention de sa mère. Il faut dire que leur relation n’a cessé de se dégrader. En effet, lorsqu’elle n’était qu’une enfant, elle se baladait seule en forêt avec son petit frère, près d’un étang. A la suite d’un accident, Syver a glissé et s’est noyé. La famille a tenté de se reconstruire après ce drame qui a bouleversé l’affection de Jenny vis-à-vis de sa fille.

Siri et son mari Jon décident d’engager Mille, une jeune adolescente, afin d’aider pour s’occuper de leurs enfants et préparer la fête d’anniversaire. Cette fête, si peu désirée, sera l’évènement d’un nouveau drame lorsque Mille franchira le grillage de la grande maison pour ne plus jamais revenir.

Mon avis sur l’œuvre

La littérature de Linn Ulmann est sombre. Elle ne semble pas rêver, ne souhaite pas mentir sur la situation de ses personnages. Les sentiments sont retracés avec beaucoup de réalité. À la suite du drame qu’elle a vécu pendant son enfance, Siri est touchée dans ses sentiments, dans sa perception de la vie. Cette femme, parfois froide, semble décharger sa colère contre les autres et notamment Mille. Elle cherche également à récupérer désespérément l’amour de sa mère, une mère qui a cessé de respirer et de vivre le jour où elle a perdu sa progéniture. Des sentiments complexes qui ont conduit la relation qu’elle développait avec sa fille au désastre.

Et puis il y a Jon. Un écrivain qui dédit sa vie à la rédaction de son troisième roman. Un roman qu’il n’arrive pas à rédiger, l’angoisse de la page blanche. Cet homme pour qui sa femme se dévoue. Siri travaille dur dans son restaurant afin de permettre à son foyer de vivre, avec les simples revenus qu’elle rapporte et les avances financières de la maison d’édition de son mari. Et puis, on apprend que Jon a commis un adultère. Un, deux ou trois ? C’est difficile à déterminer. Un, c’est la version officielle. Mais il flirte, ce Jon, avec la petite Mille, la baby-sitter. Il recherche la tendresse qu’il ne semble plus trouver auprès de sa femme.

L’adultère subi par Siri est particulièrement bien développé dans le roman. Sans aller dans des excès de violence, en poursuivant une volonté de surmonter les épreuves qui les touchent, Siri et Jon s’expliquent. La douleur n’en est pas moins présente, le désarroi de Siri fait très mal au cœur. Sa réaction est extrêmement réaliste, n’atteint pas le superflu. Cette volonté de prolonger une relation après avoir atteint la trahison ultime du couple m’a beaucoup touchée.

Attention spoiler : Le livre traite de sujets délicats, très sombres. Nous avons dans un premier temps la mort de Syver qui est abordée mais qui ne représente pas réellement le sujet principal de l’histoire, plutôt son commencement. Ensuite, nous observons le développement d’une relation froide et peu attentionnée entre Siri et Jenny. Également, l’adultère de Jon. Et pour finir, pour solder ce roman, à nouveau la mort. La mort sous trois aspects différents, mais très touchants. D’abord la mort de Mille, suivie par le désarroi de ses parents qui ne cessent de contacter Jon et de le harceler, insistant sur le fait qu’il avait connaissance de plus d’informations qu’il ne prétendait avoir sur la disparition de la jeune fille. Mais également la mort du chien et grand compagnon de Jon. Un animal qui prend une place importante dans l’histoire et dont le décès émeut. Un amour inconditionnel d’une bête pour son maître, les attentions d’un maître pour son animal malade. Pour terminer, nous avons la mort de Jenny. Cette mort est capitale dans l’œuvre, et entraîne des sentiments puissants de regrets chez Siri.

Conclusion

Ce roman norvégien a été intense. Traitant de sujets délicats, sans voile. Je ne savais pas dans quel type d’ouvrage je m’engageais, mais j’ai été très touchée par ce livre qui gardait le cap sur la retranscription des sentiments humains. Un roman qui s’ouvre et se ferme sur la thématique de la mort. Une très belle histoire !

Les enfants de cœur, Heather O’Neill – 2019 – Ed. Points, 480 p.

La sélection du Prix du Meilleur Roman 2020 des lecteurs Points continue ! Le deuxième titre de ce concours est Les enfants de cœur d’Heather O’Neill. Cet article a été complexe et douloureux à écrire. Je souhaite exprimer mes avis avec une totale transparence. J’ai donc dû le rédiger, le relire, le modifier et le remodifier avant de le publier. Voici donc mon avis…

Ce roman, qui est le troisième ouvrage de l’écrivaine, traite de sujets forts (notamment de la Grande Dépression au début du XXème siècle) dans une ambiance très moderne, avec une pointe de féérie. C’est avec regret que j’annonce que ce roman ne m’a absolument pas convaincue.

Résumé

Rose et Pierrot sont deux enfants non désirés, abandonnés par leurs jeunes parents, qui ont grandis dans un orphelinat à Montréal au début du XXème siècle. Ils développent un amour d’enfance, naïf qui, selon eux, est plus fort que tout. Mais les épreuves de la vie permettront-elles à ces enfants de conserver l’amour qu’ils ont développé ? Face aux manipulations d’Elodie, la nouvelle religieuse de l’orphelinat, leurs chemins se sépareront. Réussiront-ils à se retrouver ?

Mon avis sur l’œuvre

Que ça a été difficile de terminer cette histoire ! Pourtant emballée dans un premier temps avec le résumé, ma déception n’a cessé de s’agrandir jusqu’à la dernière page. J’avais peu apprécié Roissy, le premier ouvrage de la sélection des éditions Points, mais là… Je suis particulièrement étonnée. Ce livre, j’aurais pu le choisir par moi-même dans une librairie. La couverture est me plait, le résumé m’a intriguée. La Grande Dépression, je m’y connais peu. Sur un fond historique, j’aurais apprécié en apprendre plus sur les crises qu’a subi le Canada. Que nenni.

Le début de l’ouvrage m’a particulièrement dérangé et a créé en moi une méfiance qui s’est inscrite pendant toute la lecture du livre. Le sujet débute sur un fond que j’ai trouvé très féérique, comme un conte raconté à un enfant. Bon soit, pourquoi pas ! Et puis, une fois les présentations des différents protagonistes faites, la situation du livre s’est particulièrement assombrie. L’arrivée d’Elodie n’y est pas pour rien. Pour mettre dans l’ambiance, Elodie est une religieuse qui s’amourache de Pierrot. Sûrement pas une nouveauté, le jeune garçon, à peine âgé de dix ans, va subir des attouchements par celle-ci. Inutile de préciser à quel point ce thème est terriblement délicat… Il est important d’exprimer les horreurs de la nature, des comportements de l’homme, de mettre au courant les lecteurs sur des sujets sensibles. Néanmoins, je pense que la violence sur un enfant aurait dû être abordée avec plus de méfiance. L’écrivaine en dispose peu, de méfiance. C’est avec des mots crus qu’elle décrit les attouchements du petit garçon. Bon ok, soit, sûrement est-ce une volonté de décrire au mieux ces moments douloureux. Et puis soudain… L’enfant, dont le corps et l’esprit se développent, est partagé entre un sentiment de culpabilité et un sentiment de plaisir. Face à ces changements, son comportement et ses pensées évoluent. D’un coup, l’enfant se mettrait à penser en des termes tels que « baiser ». Aujourd’hui, avec l’importance des films pornographiques sur le web, leur accès trop peu limité aux enfants, je voudrais bien croire qu’un enfant de dix ans emploie le terme de « baiser une jeune fille ». Mais me fera-t-on croire qu’un enfant qui ne connait rien du sexe et de son corps, puisse ainsi penser en des termes aussi crus ? Ceci m’a beaucoup dérangé, j’ai eu du mal à me mettre dans l’esprit de cet enfant qui pense à la fois comme un enfant et comme un adulte. Peut-être suis-je en train de me voiler la face, à penser que c’était bien trop extrême. Dans tous les cas, j’ai débuté cette histoire avec beaucoup de préjugés.

L’histoire ne s’est pas réellement adoucie. Pendant au moins la moitié du livre, l’écrivaine nous farce de scènes sexuelles et crues qui n’ont absolument aucun sens (à mes yeux du moins). Alors oui, aujourd’hui les livres qui disposent de telles scènes se vendent comme des petits pains. Mais bon Dieu… Sérieusement ? Est-ce cela la littérature d’aujourd’hui ? Les scènes de sexe, dans un livre, doivent avoir une importance, un sens. Insérer une telle scène juste pour attirer l’attention du lecteur, c’est barbant. Je ne mentirais pas en disant qu’il y avait au moins une scène de sexe toutes les cinq pages. L’ennui… Je ne m’intéresse vraiment pas à ces types d’écrits. Ces scènes, à l’exception peut-être de démontrer la folie perverse des individus pendant la Grande Dépression, n’avaient aucun but… Peut-être ai-je mal saisi l’objectif de l’écrivaine ? Probablement suis-je complètement à côté de la plaque.

La seconde partie de l’ouvrage était plus intéressante. Néanmoins la méfiance qui s’était installée dans mon esprit était quasiment impossible à déloger. L’histoire aurait pu nous porter dans la Grande Dépression. Nous aurions pu apprendre l’histoire du Canada. Et au contraire, j’ai l’impression d’en connaître toujours aussi peu.

Conclusion

Je ne suis pas convaincue par l’écriture d’Heather O’Neill. Cette écrivaine, qui est bien ancrée dans son temps, n’a pas su attirer mon attention et m’a ennuyée. Néanmoins, malgré cet article qui fut complexe à écrire, j’ai connaissance de l’avis de mes co-jurés qui ont beaucoup apprécié le côté moderne de son écriture. Je pense que je ne suis, tout simplement, pas intéressée par ce type de littérature. Mais j’encourage tout de même les curieux à se plonger dans son livre !

Si c’est un homme, Primo Levi – 1988 – Ed. Pocket, 214 p.

Si c’est un homme, c’est un classique, un témoignage unique d’un des évènements les plus bouleversants qui ont frappé notre globe terrestre. La déportation et l’assassinat en masse de nombreux juifs, ce crime contre l’humanité, est encore bien proche de notre époque. Pas même cent ans qu’Hitler a pris le pouvoir en Allemagne, pas même cent ans que sa folie a entraîné notre monde dans un chaos sans précédent. Primo Levi, c’est un témoin, une victime du camp d’Auschwitz. Et c’est avec un incroyable détachement qu’il nous raconte, peu de temps après sa libération, les conditions innommables dans lesquelles il a dû survivre.

Résumé

Février 1944. Primo Levi, citoyen italien d’origine juive, est déporté dans le camp d’Auschwitz. C’est dans des conditions d’une atroce inhumanité qu’il va tenter de survivre. Survivre pour raconter la terreur, l’horreur de ce camp. Des hommes, des femmes, des enfants, réduits à des comportements animaux. Une haine, une violence contre les juifs. Des attitudes qui dépassent l’entendement.

Mon avis sur l’œuvre

Je souhaitais lire Si c’est un homme. J’ai toujours été intéressée par les guerres, non parce que j’aime la souffrance, mais simplement parce que je considère essentiel d’être trainée dans ces évènements qui nous soulèvent la nausée afin d’apprendre des erreurs commises (je suis désolée de ce terme si faible comparé à la proportion de l’atrocité des évènements. Erreurs, je n’ai rien trouvé de mieux. Mais au fond de moi, je le crie, ce mot “erreur”). Ce livre nous permet de le faire.

Primo Levi ne joue pas sur les émotions. Il ne cherche pas à nous tordre l’estomac (même si, disons-nous le bien, il n’en a pas vraiment besoin). Je n’ai pas eu envie de pleurer comme devant La vie est belle ! Mais l’émotion, le frisson, la tristesse, la colère. Tout était là. L’écrivain souhaite nous donner une vision des plus réalistes des évènements. Il prend un recul assez incroyable, auquel je ne m’attendais pas.

L’horreur de ces camps, chaque livre qui en traite nous apprend de nouvelles choses. A chaque chapitre, nous nous demandons quelle terreur leur tombera dessus. Ces hommes, obligés de vivre et dormir dans la saleté, n’ont plus aucune dignité. Et après tout, pas besoin de dignité. Ils peuvent mourir du jour au lendemain. C’est la guerre entre chaque prisonnier. Gare à celui qui laisse trainer ne serait-ce que sa cuillère, au risque de se la faire voler. Des juifs, mais pas seulement. Des criminels aussi, des politiciens, des homosexuels.

C’est une souffrance morale et physique qu’ils subissent. L’épuisement les achèvent à petit feu. Le travail imposé est un enfer dans leurs conditions de survie. Le peu de nourriture auquel ils ont droit est un acte de barbarie après le labeur qu’ils ont dû produire pour ne pas être tué par les nazis.

L’hiver est rude, le froid en tue plus d’un. L’arrivée du printemps apaise les esprits. Du moins ce qu’il en reste. Les Hommes deviennent des robots, incapables de penser à demain, se refusant la nostalgie de leur vie passée.

L’écrivain survivra grâce, notamment, à la mise en place d’un laboratoire au sein du camp dans lequel il a été engagé. Coup de chance pour ce chimiste. Cet emploi fut sa porte de sortie, sa porte de protection pour tenir le coup.

Conclusion

Ce livre est d’une rare puissance. Victime du camp, Levi nous dévoile dans cet ouvrage un récit qui se veut fiable face aux tortures qu’il a subies. Ce sera sans haine envers les nazis qu’il décrira au mieux de ses souvenirs les atroces souffrances tant physiques que morales qu’il a supportées. Un témoignage puissant sur le courage sans égal d’un homme (parmi tant d’autres) terriblement discriminé.

10 jours dans un asile, Nellie Bly – 2016 – Ed. Points 168 p.

Nellie Bly était une journaliste américaine du fin XIXème / début XXème siècle. Rédactrice au New York World, elle s’est faite connaître pour ses enquêtes qu’elle a menées inconito. Nellie Bly était une jeune femme engagée qui s’est infiltrée dans diverses administrations afin de dénoncer des attitudes et comportements parfois outrageants. 10 jours dans un asile est le résultat de ses recherches au sein d’un asile américain.

Résumé

Nellie Bly se voit confier une mission par son employeur : s’infiltrer au sein du Blackwell’s Island Hospital de New York. L’objectif est de découvrir et dénoncer les épouvantables conditions de vie des “patientes”, cachées à la connaissance de tous. Ce ne sera pas chose facile.


Suivront ensuite deux articles rédigés par l’auteur sur le travail des femmes en usine ainsi que sur une entreprise de placement des domestiques.

Mon avis sur l’œuvre

L’employeur de Nellie est clair : elle doit chercher un moyen d’intégrer, en tant que patiente, l’hôpital. Lui trouvera un moyen pour l’en délier. Assez effrayant de s’engager dans une telle enquête, partir dans un milieu inconnu qui la privera de sa liberté. Nellie Bly n’a pas pour autant eu peur, prend son nouveau défi en main et commence à chercher le moyen de se faire passer pour “folle”.


La procédure d’internement n’est pas évidente. L’hôpital est financé par les habitants de la ville de New-York. De ce fait, les malades doivent réunir des conditions particulières pour bénéficier de l’aide publique. Il faut une décision de justice pour être interné. Et surtout, la personne doit être reconnue comme pauvre. Il faudra donc user d’imagination pour que le juge considère Nellie comme folle.


Lorsqu’elle réussit sa mission, elle intègre l’hôpital et les conditions d’internement des malades semblent inimaginables. A l’heure d’aujourd’hui, après des études approfondies de spécialistes dans le domaine de la psychologie, nous avons conscience de la fragilité d’un esprit malade. La façon dont les infirmières les traitent ne peut que les rendre encore plus folles ! De la violence physique à la violence morale, les émotions des patientes sont secouées dans tous les sens. C’est terrible.


Nellie constate très rapidement que les patientes sont saines, et peu nombreuses sont réellement malades. Les médecins ne sont pas suffisamment à l’écoute pour prendre en compte leurs appels à l’aide. Car nombreuses sont les patientes qui clament leur sanité. Le personnel médical n’y prend guère attention et fait preuve d’un complet aveuglement face aux traitements d’une violence difficilement supportable que subissent les “folles”. C’est un cauchemar que ces femmes vivent.

Conclusion

10 jours dans un asile est un témoignage puissant qui permet d’observer l’évolution des asiles psychiatriques. Cette recherche effectuée par Nellie n’a pas été vaine. C’est avec difficulté qu’elle a quitté l’asile après 10 jours d’internement, car ce fut difficile d’abandonner à leur sort ces femmes qui ne sortiront sûrement jamais de cet endroit. Elle a décidé à sa sortie de porter plainte contre l’établissement et contre le personnel médical. C’est avec plaisir que nous apprenons, à la fin de cet article, que la ville de New-York a écouté les plaintes qu’elle a émises et a décidé de fournir un montant conséquent à l’hôpital afin d’améliorer les conditions d’internement et de soin des patientes.

La dame du manoir de Wildfell Hall, Anne Brontë – 2018 – Archipoche, 576 p.

Il existe des livres qui vous marquent, dont la lecture vous obsède. Des livres pour lesquels vos sentiments courent en cascade, dans lesquels vous vous attachez aux personnages. Ces livres pour lesquels vous versez une larme à la fin de la lecture, ou pour lesquels vous restez coi. Ces livres qui vous bousculent. De ces œuvres, je n’en ai pas connu énormément. Je citerais Les Piliers de la Terre et Un Monde sans fin de Ken Follett, ainsi que Une Femme d’Anne Delbée. Aujourd’hui, je souhaiterais ajouter à cette liste La dame du manoir de Wildfell Hall d’Anne Brontë. C’est un livre puissant sur un amour déchirant qui s’offre à nous. Un amour interdit qui nous fend le cœur. Cette œuvre, écrite en 1848 par l’écrivain, est clairement un des classiques anglais que j’ai préférés.  

Résumé 

La vie de Gilbert Markham est bousculée le jour où Mrs Graham vient habiter le manoir de Wildfell Hall avec son fils Arthur. Toute de noir vêtu, Helen, de son prénom, est considérée comme veuve par le voisinage. Cette femme, encore jeune et ravissante, devient victime de nombreux commérages à son sujet. Gilbert va rencontrer cette femme et tombe sous le charme, au grand désespoir d’Eliza à qui il avait confié son cœur. Vivant une relation particulièrement fusionnelle avec son fils, Helen sera moquée : mère poule qui module son enfant afin que chacun des désirs qu’elle considère mauvais (l’alcool notamment) le répugnent et ne le poussent plus à la tentation. Pourquoi une telle relation avec son enfant ? Et pourquoi Frederick Lawrence, son voisin et ami, ne cesse de se rendre à la demeure de Wildfell Hall ? Quel est donc le passé mystérieux de cette jeune femme ?  

Mon avis sur l’œuvre 

Woua. Vraiment, je n’ai pas de mots tant je suis tombée sous le charme de ce qu’Anne Brontë avait à nous raconter. Outre son écriture douce, délicate, intense, ses pensées ne se perdent pas. Et pourtant, nous passons dans trois parties bien différentes et pourraient semer confusion dans nos esprits. 

Dans la première partie, Gilbert raconte sa rencontre avec Helen et l’amour qu’il ressent pour elle à son ami. D’abord froid et réticent à l’approche de cette jeune femme, il tombera sous son charme et développera pour elle un amour inconditionnel. Il ne cessera de se battre afin de protéger son honneur, maintes fois terni par les racontars. Et puis, se rapprochant petit à petit d’elle, il observe une certaine réticence de sa part. Pourtant, il ressent qu’elle développe également des sentiments à son égard. Elle souhaite céder, il ne peut que le sentir à travers son regard, mais elle ne cède pas, à son plus grand désarroi. Face à cela, arrive Mr Lawrence, le voisin qui se rend très souvent voir Helen. Gilbert se persuade qu’une relation amoureuse se joue entre eux. Quelle tristesse ! Sa vie bascule et nous basculons avec lui, son désespoir et sa colère nous émeut. Lorsque Mrs Markham lui confie son journal intime pour lui raconter son passé, la vie de Gilbert cesse de nous intéresser et nous parcourons la moitié de l’ouvrage à travers les pensées les plus intimes de Mrs Makham. Et c’est délicieux. 

La deuxième partie est tout aussi prenante. Cette fois-ci, nous prenons possession du personnage féminin de Mrs Markham et nous chevauchons son parcours. Nous développons une certaine empathie pour elle, qui n’était pas forcément présente dans le début de l’ouvrage. Nous découvrons son mariage désastreux avec un mari alcoolique, fêtard, dédaigneux, prétentieux, immature. Nous souffrons avec elle du dénigrement qu’il va porter à son encontre. Nous le haïssons avec elle et n’attendons, avec impatience, qu’une seule chose : que le récit soit terminé et que Gilbert accourt, la protège et gagne son cœur.  

La troisième et dernière partie est la plus émotionnellement intense. Anne Brontë se joue de nous ! A la fin de la deuxième partie, nous n’imaginions qu’une seule fin (tout du moins, nous l’espérions) : Gilbert retrouvant Helen et lui prouvant que l’amour qu’il lui porte la protègera de toutes ses craintes. Désormais qu’il connaît son histoire, nous ne pouvons imaginer que la situation sera difficile. Et pourtant, Helen repousse Gilbert et lui demande de ne plus jamais revenir. Quel choc !  Nous n’en croyons pas nos yeux. Souhaitant protéger sa réputation déjà particulièrement ternie, elle va demander à Gilbert de la quitter, amicalement et amoureusement, de l’oublier. Cette séparation est difficile, nous ne voulons pas qu’elle se déroule ainsi. Leur amour va subir énormément de péripéties dans cette dernière partie, mais je n’en dirais pas plus afin de ne pas vous gâcher la surprise… 😊 

J’ai adoré ce livre. Je ne sais pas si le terme “adorer” est suffisant. Anne Brontë est pleine de surprise et m’a étonnée durant toute ma lecture, avec des rebondissements à tout va. Son écriture est très fluide, très riche. Les émotions sont là et ne nous quittent pas. J’ai été agréablement surprise par ce livre. Son analyse des sentiments, des situations, fait preuve d’une extrême maturité. De plus, l’histoire m’a beaucoup touchée. Elle est banale, une histoire d’amour ratée, mais la résignation dont Helen fait preuve est très émouvante. 

L’édition collector d’Archipoche est très belle. Pour moins de dix euros, le livre est de bonne qualité. Les pages ne bavent pas, la police est bien choisie et l’épaisseur des feuilles rend le toucher très agréable. La seule petite remarque que je me permets de souligner est que la relecture laisse à désirer sur la fin de l’œuvre… Pendant les trois-quarts du livre je n’avais aucune (ou très peu) de fautes. Et puis, la fin approchante, j’ai été frappée par des erreurs toutes bêtes mais néanmoins irritantes. Comme une fin bâclée. Des “ou” à la place de “où”, “et” à la place de “est”. C’est dommage.  

Conclusion 

Ce livre est extrêmement génial. Je l’adore, il m’a énormément marquée. Volumineux, mais je n’ai pas ressenti les pages passer. Ce fut un vrai plaisir de le lire, et ce sera sûrement avec autant d’émotion que je le relirai dans quelques années. A lire ! 

Je me tuerais pour vous, F. Scott Fitzgerald – 2018 – Ed. Le Livre de Poche, 520 p.

Ce recueil fut mon compagnon de découverte du monde des nouvelles. En effet, je n’avais jamais lu un condensé de nouvelles pour plusieurs raisons. Notamment, j’apprécie plus volontairement une histoire très longue et enivrante, qu’un texte court dans lequel on n’a pas le temps de s’attacher aux personnages. Ces nouvelles, datant des années 30, n’avaient jamais été publiées. En tout, seize nouvelles ainsi que deux écrits destinés à Hollywood constituent l’ouvrage. Fitzgerald était connu pour ses nouvelles et avait construit sa réputation grâce à celles-ci. Ce livre est un moyen de découvrir son talent d’écrivain.

Résumé du livre

Il est fort difficile de réaliser un résumé d’un recueil de nouvelles… Nous sommes absorbés dans des histoires toutes plus étranges les unes que les autres. Voici quelques phrases qui décrivent celles qui m’ont particulièrement marquée.

Un instant, nous nous trouvons piégés par un espion étranger qui a caché un obus dans la valise d’une passagère américaine, qui se retrouve enlevée par celui-ci. L’amour qu’elle va porter pour son kidnappeur peut-il réellement exister ?

Nous rencontrons ensuite une jeune femme qui travaille avec un homme dont la réputation est des plus mystérieuse : certaines de ses conquêtes se seraient suicidées par amour pour cet homme. Le rapprochement de la jeune femme avec ce dernier entrainera-t-il des envies suicidaires ? (Ceci est l’intrigue de la nouvelle nommée Je me tuerais pour vous, nous comprenons pourquoi 😉).

Nous nous retrouvons également dans un atroce quiproquo entre deux amants qui se sont donné rendez-vous à la gare pour prendre le train. Si elle décide de venir, il considérera cet acte comme un “oui” à sa demande en mariage. Si elle ne vient pas, ce sera le signe d’un refus. Pourtant déterminée, elle n’arrivera pas à temps, pas avant le départ du train. Vont-ils se retrouver ? Réussir à se contacter ? A s’expliquer ?

Nous voyageons également à travers la guerre de Sécession, où le Nord et le Sud s’affrontent dans une guerre acharnée. Une jeune fille Nordiste tombera amoureuse d’un Sudiste ennemi. Leur amour semble incompatible pour deux raisons : tout d’abord leurs divergences d’opinions politiques ne peuvent que compliquer leur relation, mais surtout le drame qu’a subi le Sudiste. Suite à une querelle entre ce dernier et le frère de la jeune femme, le soldat Sudiste se retrouve pendu par les pouces à un arbre. Prise de pitié pour le sort du jeune homme, elle le libère de ses liens avec l’espoir de ne plus jamais le recroiser. Son cœur continuera de battre pour lui. Mais se reverront-ils ? Partageront-ils l’amour qu’ils portent en eux ?

« Les deux jeunes hommes repartirent vers le rivage à bord du canot et les mains qui s’agitaient dans leur direction depuis le yacht disparaissant peu à peu à leur vue dans l’obscurité croissante se firent le symbole de ce que la cruauté de temps révolus reculait à chaque coup de rame pour s’enfoncer dans un passé de plus en plus lointain. »

Mon avis sur le livre

J’admets ne pas avoir été emballée. Non pas parce que l’écriture de Fitzgerald me posait un problème, au contraire. La douceur de ses mots, la puissance des sentiments qui en émergent… C’est doux, c’est agréable, c’est intense. Néanmoins, je n’ai pas la capacité à me détacher des personnages avec tant de brusquerie. J’aime apprendre à connaître les personnages, les étudier, observer en eux des points communs avec moi ou certaines de mes connaissances. J’aime ressentir leurs sentiments, l’amour et l’attention qu’ils portent en eux, le désespoir qu’ils tentent tant bien que mal de surmonter. Dans une nouvelle, on s’attache aux personnages et sans que nous nous y attendions, ils disparaissent. Et l’histoire est terminée.

Les récits racontés sont très intéressants et traitent de sujets divers. Il est tout de même drôle de voir apparaître dans de nombreuses nouvelles la présence de médecin, parfois un dentiste. Un thème qui semble être volontairement abordé par Fitzgerald.

J’ai aimé être plongée dans ses écrits et ça m’a donné envie de lire Gatsby Le Magnifique ! Fitzgerald est un incontournable de la littérature américaine, et était majoritairement connu pour ses histoires d’amours, un peu à l’eau de rose. Une image dont il voulait d’ailleurs à tout prix se séparer. Pourtant, on les aime ses histoires d’amour. Il était doué, ce Fitzgerald.

Conclusion

Je ne suis toujours pas fan des nouvelles, et je ne pense pas que ce recueil fera partie des œuvres que je relirais un jour. Néanmoins, cette lecture fut très plaisante et je la recommande vivement. Comment mieux apprécier la littérature de Fitzgerald qu’en lisant les œuvres pour lesquelles il était le plus talentueux ?

La Couleur des sentiments, Kathryn Stockett – 2011 – Ed. Babel, 624 p.

La semaine dernière fut une semaine d’absence sur les réseaux sociaux. Je fus débordée, et je dois admettre que mon cerveau bouillait d’idées pour vous présenter ce livre particulièrement connu puisque sorti en film en 2011 : La Couleur des sentiments, de Kathryn Stockett. Le livre, publié en 2009 a fait un tabac et fut vendu à 1 million d’exemplaires en 2009 et 2011 (dépassant ainsi les audiences de J. K. Rolling avec ses ouvrages de la série Harry Potter). Ce roman est un hommage de l’écrivaine à sa nourrice noire qui a marqué à tout jamais sa vie par sa présence et l’amour qu’elle lui a prodigué. Un hommage émouvant, frissonnant, traitant de la dure vie des domestiques noires pendant les périodes de ségrégation raciale aux Etats-Unis.  

Résumé

Dans les années 60, à Jackson, Mississipi. Trois destins se rencontrent et s’unissent.

Aibileen est une domestique noire au sein d’une famille blanche du Mississipi et est chargée d’élever les enfants du foyer. Après avoir perdu son fils unique, également veuve, Aibileen se dévoue entièrement dans son emploi et transmet tout l’amour dont elle dispose à sa petite Mae Mobley dont elle est chargée de s’occuper.

Son amie, Minnie, est également domestique noire et “grande gueule”. Cuisinière hors pair, elle éprouve des difficultés après son renvoi du foyer de Miss Hilly pour la chose Epouvantable qu’elle lui a faite.

Miss Skeeter est une jeune femme blanche qui décide d’effectuer des recherches pour retrouver la domestique de son enfance, Constantine, qui a quitté son foyer pendant son absence, sans lui dire au revoir. Elle se rapproche d’Aibileen qui semble connaître l’histoire de Constantine, et la volonté de rédiger un livre sur les pénibles conditions de vie de ces pauvres domestiques émerge dans son esprit.

Ces trois femmes sont voisines et se retrouvent liées par un projet : réaliser un roman afin de décrire la condition des domestiques noires aux Etats-Unis. Un projet fortement dangereux pour des femmes noires sans défense, qui mettront toute leur force et énergie pour dénoncer les conditions parfois insupportables qu’elles subissent chaque jour.

Mon avis sur l’oeuvre

Ce livre exploite une narration qui peut déstabiliser dans un premier temps. En effet les chapitres sont associés à un des trois personnages décrits dans le résumé. Nous prenons donc l’esprit, la pensée de chacune d’entre elles. Il est difficile de ne pas s’y perdre car les personnages principaux mais également secondaires sont nombreux et se bousculent. Nous oublions vite qui est le domestique de quelle famille, qui a fait quoi…

Néanmoins, une fois que notre esprit s’y retrouve et plonge dans l’histoire, il est difficile de s’en passer. Nous ne pouvons que comprendre l’ampleur du succès de cet ouvrage. Nombreux sont ceux qui traitent du problème de la ségrégation raciale aux Etats-Unis (nous pourrions citer Black Boy de Richard Wright). Mais peu nombreux sont ceux qui traitent de la ségrégation subie par les femmes noires. Ces dernières deviennent domestiques et sont soumises aux règles et ordres des familles qui les embauchent. Les violences, tant physiques que morales, sont nombreuses et sont intéressantes à traiter (même si le livre n’aboutit peut-être pas suffisamment sur cet aspect).

Le point très intéressant de cet ouvrage est que la relation de la domestique avec ses “employeurs” est décrite à la fois positivement et négativement. L’amour porté entre Mae Mobley et Aibileen est terriblement émouvant. L’innocence de l’enfant lui permet d’ouvrir son cœur à sa “Aibi” et l’amour est fort. Le combat d’Aibileen est de protéger cet enfant et lui inculquer au mieux la valeur suivante : quelle que soit notre couleur de peau, nous sommes tous des êtres humains. Nous frémissons à l’idée que cette relation puisse un jour être détruite par les règles et usages dans lesquels les enfants vont se développer.

Minnie est également un personnage très attachant. La colère qu’elle porte en elle est très touchante, émouvante. Nous comprenons bien pourquoi. Les injustices subies et décrites dans l’ouvrage nous font frémir à ses côtés. Sa situation est délicate : elle sait qu’elle en dit trop, mais n’arrive pas à se retenir. C’est ainsi qu’apparaît son moyen de défense. Cette femme, d’apparence si forte et effrayante, nous apparaît rapidement frêle et soumise face à son mari alcoolique qui la mate sans difficulté. La Minnie “grande gueule” devient rapidement la Minnie effrayée. Cette courageuse femme porte en elle le fardeau d’être une femme, d’être noire, et d’être battue. En plus d’un milieu de travail qui ne lui permet sûrement pas de s’épanouir, son environnement personnel est tout aussi catastrophique. L’arrivée d’une Miss Celia riche et fortement superficielle nous permet de souffler un peu, car Minnie finira par être respectée dans son nouveau foyer.

Miss Skeeter, c’est “La Blanche” qui prend la défense des “Noirs”. Elle veut être écrivaine mais n’arrive pas à trouver un sujet qui fasse parler et qui puisse attirer l’attention sur son travail. Jusqu’au moment où, pensant à retrouver Constantine, l’idée d’écrire un livre sur la condition des domestiques pendant la ségrégation raciale aux Etats-Unis apparaît. Elle se battra et essaiera de réunir le plus de témoignages. La peur des femmes “Noirs”, qui pouvaient être envoyées facilement en prison pour des pseudo vols sans preuves, est forte. La peur est plus que ça, c’est de la terreur. Mais Miss Skeeter leur inspirera confiance et les maternera. Elle perdra beaucoup pour cette cause : ses amies, son amoureux, sa vie sociale. Mais elle gagnera également quelque chose qui n’est pas quantifiable : le respect des domestiques de sa commune. La beauté de cette relation qui se crée entre elle est touchante, émouvante, rassurante.

Conclusion

Kathryn Stockett a rédigé cet ouvrage notamment en hommage à sa bonne qui lui a porté beaucoup d’amour dans son enfance, et que l’on pense à associer à Aibileen. Cet hommage émouvant nous prend par les tripes. L’amour qu’elle porte pour cette femme est fortement ressenti et on ne peut qu’envier une relation aussi intense qu’elle a eu la chance de tisser au fil de son enfance.

Ce livre est émouvant, difficile à lire sur certains passages, mais également rassurant, doux. C’est un sujet très intéressant que l’écrivaine a développé sans prétention, et le pari est réussi. Elle explique à la fin de son livre qu’elle a peur d’en avoir trop dit, mais également pas assez. Je pense que nous pouvons simplement lui dire merci, car ce qu’il fallait dire a été dit.

Marie-Antoinette, Stefan Zweig – 1933 – Ed. Le Livre de Poche, 494 p.

Stefan Sweig nous retrace les aventures de Marie-Antoinette d’Autriche à travers cette riche biographie. Cette femme, méconnue de nombreux d’entre-nous, fut la femme de Louis XVI. Elle effectuera son règne avec (un peu trop) de légèreté et de négligence, et fera face à la Révolution Française qui conclura la fin de sa souveraineté.

Résumé

Marie-Antoinette fut reine de France, épouse de Louis XVI. Elle sera décrite comme une femme légère, frivole, méprisante et attiré par les beaux bijoux. La négligence qu’elle portera auprès du peuple français, au détriment des soirées mondaines, poussera ce dernier à se retourner contre la couronne et enflammera les braises d’une Révolution naissante. L’affaire du collier annoncera le début d’une forte colère envers la reine de France. Marie-Antoinette sera victime d’une arnaque digne d’un roman. Une supercherie qui la fera accuser d’utiliser les richesses du peuple pour acheter un bijou de forte valeur. Ainsi se développera la grande Révolution Française.

Mon avis sur l’œuvre

Stefan Zweig est un grand écrivain et historien, connu notamment pour ses biographies. Cet œuvre est la première que je lis de cet auteur, et ce n’est sûrement pas le dernier ! Sweig nous plonge dans une histoire poignante (qui est, tout de même, l’histoire de notre pays) et arrive à nous faire vivre la Révolution Française comme si nous y étions. Malgré le bien fondé non négociable de la Révolution, nous en venons à avoir de la peine pour ce pauvre roi obèse et fainéant, et pour cette reine désarmée face à un tel rejet de son peuple.

Il est intéressant de vivre l’histoire sous l’aspect « royal » et d’essayer de comprendre, malgré tout, la situation des rejetés du peuple. Chaque lettre (peu nombreuses, puisque Marie-Antoinette avait trop peu de patience pour se poser afin d’en rédiger) est intense. La reine de France les a écrites ! Personnellement, j’en avais des frissons.

L’amour interdit que vivra Marie-Antoinette avec Hans Axel de Fersen est intense. Nous y percevons tant de loyauté, ce fut très émouvant et à la fois difficile. Cette femme, qui subit une incompatibilité face à son mari depuis le début de leur histoire, se retrouve infidèle. Nous ne pouvons qu’avoir de la peine pour Louis XVI qui observe passivement cette histoire d’amour face à laquelle il ne peut rien faire.

La traduction de Alzir Hella (traducteur également de A l’Ouest rien de nouveau) est très agréable, douce et riche.

Conclusion

Ce livre est considéré comme un « chefs-d’œuvre » de la biographie classique, que je pense être un incontournable. Je le conseille très vivement à tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de France, ou également à ceux qui, comme moi, disposent d’honteuses lacunes dans ce domaine… Ou bien même à tout lecteur curieux 😊.

Bienvenue sur le blog du Tour du Monde en 80 Livres !

Ca y est, après un an d’échanges sur Instagram, Le Tour du Monde ouvre son blog. Je suis complètement excitée !

Présentation

Je m’appelle Salomé, j’ai 23 ans et je vis en région parisienne. Je lis tous les jours depuis une dizaine d’années. Rares sont les journées qui se terminent sans que je n’ouvre mon livre. Ma lecture m’accompagne à chaque déplacement et m’aide à m’évader. Pour ceux qui ne me connaissent pas, j’ai débuté l’aventure des réseaux sociaux littéraires en mai 2018 lorsque j’ai créé mon compte Instagram Le Tour du Monde en 80 Livres pour lequel j’ai été accompagnée par une amie. Aujourd’hui j’ai décidé d’étendre Le Tour du Monde, notamment pour supprimer l’atroce contrainte du nombre de mots d’Instagram…  

Mon lien à la lecture

Lire nous permet de nous imprégner de toutes les histoires que les écrivains nous racontent depuis la nuit des temps. Les histoires m’ont aidée à relativiser dans des moments de difficultés, mais surtout à apprendre les sentiments. L’analyse des ressentis me passionne, il est si essentiel de savoir ce que nous ressentons et pourquoi, mais également ce que ressent notre entourage. Lire permet de comprendre la vie sous différents aspects, ou du moins essayer. Je considère cela comme un outil nécessaire au développement personnel (en addition bien sûr à une passion qui n’a cessé de me donner des raisons de me lever et d’apprécier (j’ai bien dit apprécier, ce qui représente presque une bonne pub pour la SNCF) les transports en communs).

Grâce à eux, nous pouvons devenir ce que nous voulons : Sculpteur, agent secret, reine de France, femme de la bourgeoisie, Président de la République, policier. Nous pouvons être heureux, malheureux, tristes, désemparés, émus, irrités, apeurés, épanouis. Nous pouvons être femme, enfant, homme, avoir 10, 20 ou 60 ans si nous le souhaitons. Nous ne remercierons jamais assez Maurice Druon de nous avoir transportés dans l’histoire de France avec tant de frénésie, ni Ken Follett de nous avoir passionnés sur les procédés de construction d’une cathédrale, Anne Delbée de nous avoir conté l’histoire d’une des plus grandes sculptrices du XIXème siècle, Emile Zola de nous avoir emportés dans les épreuves toutes plus farfelues les unes que les autres des Rougon-Macquart. Mais encore Simone de Beauvoir d’avoir milité pour les femmes à travers son Deuxième Sexe, ou Simone Veil de nous avoir inspirés à travers son autobiographie. Je ne pourrais m’arrêter si je ne me forçais pas. Et pourtant, toutes ces connaissances dont nous nous nourrissons ne représentent qu’une infime partie des œuvres qui constituent notre planète. Une vie est trop courte pour lire tout ce que nous souhaiterions connaître.

Le partage des lectures, des découvertes, nous permet de connaître des avis sur des thèmes que nous n’aurions peut-être pas sélectionnés. Je souhaite à travers ce blog à vous faire découvrir les lectures qui m’accompagnent. J’espère de tout cœur que ceci vous plaira. Et surtout, n’hésitez pas à me donner vos feedbacks.

Bon voyage au sein du Tour du Monde en 80 Livres.

– Salomé.