Le vicomte de Bragelonne I, Alexandre Dumas – 1997 – Ed. Folio, 912 p.

⭐⭐⭐⭐⭐

20-01

L’année 2019 est achevée et je débute 2020 avec un coup de cœur, sans surprise ! Alexandre Dumas a incontestablement toujours été un de mes écrivains favoris. Depuis que j’ai lu Les Trois Mousquetaires, je me suis frénétiquement plongée dans la suite des aventures de d’Artagnan, Athos, Porthos et Aramis. D’abord avec Vingt Ans Après, ce fut avec délice que j’ai retrouvé ces quatre mousquetaires en débutant la trilogie Le vicomte de Bragelonne.

Résumé

D’Artagnan se fait vieux et décide de prendre sa retraite de chef des mousquetaires. Après avoir observé la lâcheté de son maitre, le roi Louis XIV, il décide de quitter son service et de se lancer dans une mission périlleuse. À l’aide de son génie, de ses manigances et de son indéfectible loyauté, il se mettra en route pour permettre au jeune roi d’Angleterre de retrouver son trône que le peuple lui a arraché. Son objectif : remettre cet homme, un allié de la France, sur le trône anglais.

Mon avis sur l’œuvre

Le vicomte de Bragelonne essaie de se centrer sur le personnage de Raoul, le vicomte de Bragelonne, qui a été élevé par Athos. Les traditionnels mousquetaires se faisant vieux, un vent de jeunesse est ressenti avec ce personnage qui nous fait beaucoup penser à d’Artagnan : un homme loyal et engagé pour son maître. Mais Raoul n’est pas heureux, il est amoureux de Mademoiselle de la Vallière. Leur amour est impossible, rejeté par le grand Athos qui refuse à son fils cette destinée amoureuse.

Dumas nous plonge également dans un épisode essentiel de l’histoire de France. Nous y observons la fin du règne de Mazarin, l’arrivée de Colbert à la Cour. Les pouvoirs politiques sont au centre des débats, et chacun se bat pour obtenir la protection de Louis XIV. Le roi décide d’approfondir son alliance avec l’Angleterre et souhaite faire marier son frère avec Madame Henriette. C’est sur cette problématique que s’achève le premier tome de la trilogie Le vicomte de Bragelonne.

J’ai toujours été bercée par l’écriture de Dumas. Cet homme possède un fort sens de l’humour et me fascine. Ses œuvres sont construites avec une base de connaissances et de recherches sur les domaines développés qui les rendent enivrantes. Ses œuvres sont longues et l’écrivain pourrait nous perdre. Mais Dumas nous emporte toujours dans des aventures farouches, saisissantes, qui ne peuvent que nous transporter.

Ses œuvres m’obsèdent. La découverte des Trois Mousquetaires a été une révélation pour moi, pour plusieurs raisons.

  1. Tout d’abord, jamais un livre de littérature classique ne m’avait autant emportée. A cette « époque », lire un classique représentait pour moi un apprentissage. Apprendre à s’habituer à une formulation qui n’est (malheureusement) plus la nôtre, découvrir de nouveaux mots/termes/expressions. Un classique ne m’avait jamais semblé aussi fluide à la compréhension.
  2. Ensuite, la formulation de Dumas est extrêmement poétique. Outre le bonheur de se replonger dans des expressions que nous n’utilisons plus, ses déclarations d’amour sont des poésies.
  3. Chacun de ses pavés littéraires m’a semblé presque court ! A chaque fois, la tristesse de dire adieu à ses personnages étaient là, à chaque fois l’envie de connaître la fin de l’histoire me dévore mais c’est si triste quand c’est terminé…
  4. La dernière et réelle raison qui fait qu’aujourd’hui les œuvres de Dumas m’obsèdent est que cet écrivain retranscrit sur le papier des sentiments que j’ai peu ressentis avec d’autres écrivains. Notamment, Dumas centre ses œuvres sur le principe de loyauté. Les hommes sont prêts à mourir pour assurer l’honneur de leurs amis, de leurs proches, de leurs maîtres. Cette retranscription d’un caractère qui a largement perdu sa place dans notre société m’émeut.

Le vicomte de Bragelonne est une merveilleuse suite des Trois Mousquetaires. Nous y retrouvons les valeurs de l’écrivain, et nous voyageons dans la création de l’environnement politique du roi Louis XIV. L’œuvre est une splendide retranscription de l’histoire de France.

Conclusion

Le vicomte de Bragelonne est une parfaite suite des œuvres Les Trois Mousquetaires et Vingt Ans Après. Je ne peux que conseiller à ceux qui ne se sont toujours pas plongé dans ces histoires merveilleuses de foncer, car Dumas est un écrivain qu’il faut absolument lire !


  • 20/12/2019 – Début de la lecture Le vicomte de Bragelonne I

  • 04/01/2019 – Fin de la lecture Le vicomte de Bragelonne I

Lettres à sa fille, Colette – 2003 – Ed. Folio, 624 p.

⭐⭐⭐

Le 3 août 1954 s’éteignait un important personnage de la littérature française : Colette, de son prénom Sidonie-Gabrielle. Cette grande écrivaine, connue notamment pour ses ouvrages tels Le Blé en herbe ou Claudine à l’école, fut notamment Présidente de l’académie Goncourt en 1944.  

Cette femme, puissant visage féminin français, laisse derrière elle son unique enfant, Colette de Jouvenel. Ce recueil réunit près de 650 courriers qui ont été triés et ordonnés par Anne de Jouvenel, la nièce de Jeune Colette. 

Résumé 

De 1916 à 1953, Colette échange avec sa fille par des courriers précieux. A compter des 3 ans de Jeune Colette, les correspondances ont en partie été très bien conservées par cette dernière. Elle les transmettra à sa nièce Anne afin qu’elle les publie une fois décédée. Ces lettres précieuses nous plongent dans les sentiments profonds de l’écrivaine, ses doutes et incertitudes, son amour pour sa fille unique (enfant parfois masculinisée avec l’usage de “Mon chéri”), ses épreuves notamment pendant la Seconde Guerre mondiale, la dégradation de sa santé… Des échanges précieux et émouvants. 

Mon avis sur l’œuvre 

Il est difficile de donner un avis sur ce type d’œuvre. Ce n’est pas un récit, pas un roman, mais simplement un témoignage de l’existence de cette personnalité importante qu’a été Colette. La lecture des lettres est fastidieuse, parfois “ennuyeuse”. Nous nous perdons rapidement dans les différentes connaissances de Colette, citées au fur et à mesure dans ses lettres. Néanmoins l’émotion est toujours présente. Cette importante figure de la littérature française nous livre ses secrets et émotions dans ce recueil de courriers, elle nous bascule à travers les aspects les plus privés de sa vie personnelle.  

Avant de mourir, la jeune Colette transmet d’innombrables courriers qu’elle a échangés avec sa mère à sa nièce. Celle-ci avait pour mission de les faire publier, plus tard. Elle s’est plongée dans ces précieuses archives afin d’établir au mieux une chronologie dans les lettres (tâche tenace, compte tenu du fait que Colette ne datait presque jamais ses lettres). Ce travail fastidieux nous a permis d’obtenir un ouvrage sacré.  

La jeune Colette le dira : on met toute une vie à sa remettre du fait que notre mère soit aussi célèbre. L’absence de Colette auprès de sa fille se fait ressentir. Toujours à distance car réalisant un nouveau livre, effectuant des conférences, s’entraînant en tant que comédienne, voire se lançant dans une activité commerciale, Colette sera peu présente pour sa fille. Pourtant, le lien qui les unit est fort, l’amour qu’elle se porte l’est d’autant plus. Colette reprochera souvent à sa fille, dans ses lettres, de ne pas être venue, de pas avoir écrit. Un sentiment de dépendance les rapproche. 

Et puis la guerre ravagera les émotions. Toujours fières, l’une en zone libre, l’autre non, elles échangeront des courriers interzones. Ces lettres, pré-remplies, étaient les seules autorisées à être transmises à la famille entre les deux zones. Ces courriers présentaient des zones à trous qui étaient remplies par les expéditeurs du courrier. Lorsque les rédactions dépassaient l’espace d’écriture autorisé, les lettres étaient refusées par le service postal… Chaque courrier apporte du baume au cœur. 

Colette terminera sa vie en continuant au mieux à être active. Elle effectuera des conférences jusque dans les dernières années de sa vie, et quittera le monde le 3 août 1954 à l’âge de 81 ans, après avoir enduré d’importantes douleurs dans la jambe pendant des années. 

Résumé 

Ce recueil est complexe à lire car la lecture des lettres est fastidieuse et peut pousser parfois à l’envie de laisser tomber. Néanmoins, il nous permet de découvrir les aspects personnels de cette puissante femme française. Ce livre nous entraîne dans un précieux voyage à travers les pensées de Colette et est intellectuellement très enrichissant.