J’ai toujours cette musique dans la tête, Agnès Martin-Lugand – 2017 – Ed. Pocket, 384 p.

J’apprécie beaucoup les romans d’Agnès Martin-Lugand. Des romans simples, qui traitent de sujets de la vie de tous les jours et qui retranscrivent bien, selon moi, la génération actuelle. J’ai toujours cette musique dans la tête est un roman intéressant qui aborde le lourd sujet de la manipulation. Une histoire très intéressante qui a su me tenir en haleine pendant tout son récit.  

Résumé de l’œuvre 

Véra et Yanis mènent une vie tranquille, parfaite, avec leurs trois enfants. Yanis ne cache pas ses ambitions. Non diplômé, travaillant pour le frère de Véra, il rêve de plus grand. Ce couple parfait n’est pas au bout de ses surprises. L’arrivée de Tristan dans leur vie va chambouler leur équilibre et les entraîner dans une sacrée descente aux enfers.  

Mon avis sur l’œuvre 

Nous ressentons assez rapidement le côté d’analyse de la psychologue qu’est l’écrivaine. Nous sommes entraînés dans une ambiance glaciale et malaisante. Les envies de Yanis le poussent à se mettre à son compte. Un beau projet que Véra va encourager. Il faut dire que leur petit couple fait rêver, c’est un amour inconditionnel qu’ils semblent partager. Nous n’avons donc aucun doute sur la fidélité de Véra pour encourager son mari à réussir son projet.  

C’est ici que Tristan entre en jeu. Divorcé, père de deux filles. Un homme seul et d’aspect un peu hautain, nous sentons dès le début que Véra s’en méfie. Et il y a de quoi : ce jeune inconnu se propose (bien trop généreusement) à devenir caution de l’entreprise de Yanis. Mais quelle idée ! Quel lecteur peut imaginer une seule seconde que ceci soit une bonne idée ? Son premier objectif est atteint lorsqu’il arrive à rendre les personnages vulnérables. Pour cela, rien de plus simple que de les isoler. Véra et Tristan se disputent sévèrement avec Luc (le frère de Véra et meilleur ami de Yanis) et Charlotte (la meilleure amie de Véra). Et ce Tristan s’installe, doucement. Sous ses allures d’homme toujours impeccable, il s’immisce dans la vie personnelle de Yanis et cherche à y gagner une place. Voire à en devenir le personnage principal. 

Quelle erreur que d’avoir fait confiance à cet homme… La relation de Yanis et Véra se dégrade rapidement et ils finissent par se séparer. Tristan réussit sa mission et sème le trouble dans leur relation. La confiance n’y règne plus, la communication ne passe qu’à travers ce que Tristan accepte de raconter à l’un et à l’autre (car il deviendra, bien évidemment, l’intermédiaire entre les deux protagonistes). Nous, lecteur, nous voudrions juste hurler, les prévenir du mal qui s’approche d’eux. Car dès le début, cet homme est louche.  

Je trouve que l’aspect psychologique de Tristan a bien été développé, et c’était assez agréable de terminer sur la fin que l’écrivaine a choisi. Bien sûr, venant de Lugand, je ne m’attendais pas à une fin malheureuse ! Mais l’histoire n’a pas manqué de rebondissements. Malgré le fait que certains lecteurs se sont plaints de la relation idyllique menée dans un premier temps par Véra et Yanis, je n’ai pas été particulièrement dérangée. Je ne doute pas en la possibilité d’un couple qui, après avoir atteint maturité, puisse être aussi fusionnel. Je n’ai eu aucun problème à me projeter dans la vie des personnages ! 

J’apprécie Lugand car elle introduit toujours dans ses romans des analyses psychologiques de ses personnages. Cet aspect permet de rentrer plus facilement dans l’histoire et de s’identifier à chacun d’entre eux. Je me suis souvenue de ma dernière rencontre avec l’écrivaine, lors d’une séance de dédicaces dans Paris. Elle nous avait dit qu’elle vivait ses personnages et que leur dire “au revoir” était toujours triste et difficile. Eh bien, je suis un peu triste de dire adieu à Véra et Yanis.  

Conclusion 

J’ai beaucoup aimé ce livre d’Agnès Martin-Lugand (comme tous, d’ailleurs…). Ses histoires happy ending font du bien ! Pourtant, Dieu sait que je suis exigeante sur les livres trop récents et un peu commerciaux. Mais Lugand, j’adore ! Je le conseille vivement. 

Bonne lecture 😊  

Les gens heureux lisent et boivent du café, Agnès Martin-Lugand – 2013 – Ed. Pocket, 187 p.

Le premier roman d’Agnès Martin-Lugand, Les gens heureux lisent et boivent du café, a permis à cette dernière de se faire une place dans les écrivain(e)s à succès de notre époque. Son histoire fut adaptée en BD en janvier dernier (par Véronique Grisseaux, aux éditions Michel Lafond). Cette femme issue de la ville de Saint-Malo ne cesse de nous étonner. 

Résumé 

A la suite d’un accident tragique, Diane perd son mari et sa fille. Seule, accompagnée de son meilleur ami Félix, elle poursuit douloureusement le chemin de sa vie. « Les gens heureux lisent et boivent du café », c’est le café qu’elle possède et dans lequel elle travaille. Mais poussée par une dépression qui l’assaille, elle décide de partir à la rencontre du pays qu’elle a toujours souhaité visiter : l’Irlande. Elle s’exile, du jour au lendemain, seule, dans ce pays froid et pluvieux, laissant son café à la direction de Félix.

Mon avis sur le livre

Les gens heureux a su faire ses preuves. Et on comprend pourquoi. Je ne vanterais pas une écriture fabuleuse. Agnès Martin-Lugand nous captive, non grâce à son écriture, mais à l’aide de phrases courtes emplies d’émotions. Le roman est court, l’histoire est simple. Rarement attirée par ce type de roman, j’admets avoir lu Les gens heureux rapidement. J’ai longtemps fait la guerre à ces histoires que je considérais comme « simplistes ». Je pense que j’avais tort (pour certaines d’entre elles, tout du moins).

C’est un sujet douloureux qui est abordé, et il n’est pas assommant de tristesse. Agnès ne développe pas les sentiments dépressifs de Diane à tel point que nous pourrions réellement les ressentir. Nous nous situons plus simplement dans la période où l’héroïne retrouve petit à petit sa vie. Nous observons un combat difficile, la reconstruction d’une vie déchirée. C’est émouvant, et c’est un message fort qu’elle souhaite nous adresser.

J’admets avoir trouvé assez cliché l’image d’Edward, l’homme mystérieux avec qui elle se liera en Angleterre (d’amitié ou plus, à vous de le découvrir en lisant le livre 😉). Pourtant, son existence n’est pas tant gênante. Nous apprécions son côté réservé, ténébreux, protecteur, insolent.

Je regrette que le livre ait été aussi court. Il se passe beaucoup d’épreuves dans cette histoire, et je pense que certaines auraient pu être plus approfondies. Néanmoins, c’est cet aspect rédactionnel qui fait le charme de l’écrivaine et qui lui a permis un tel succès. D’ailleurs, pour donner suite à l’engouement observé, Agnès Martin-Lugand a rédigé un second tome sur les histoires de Diane : La vie est facile, ne t’inquiète pas (en voici des romans qui possèdent toujours un ton poétique !).

Conclusion

Je conseille fortement l’écriture d’Agnès Martin-Lugand pour ceux qui aiment « tout » type de lecture. Même si, moi qui apprécie particulièrement les classiques de la littérature, j’ai été charmée par ses histoires (et de ce fait, ai lu nombreux de ses romans). Je pense qu’elle peut apporter bien des surprises à celles et ceux qui acceptent de se laisser porter sans se laisser influencer par des attentes trop importantes.