10 jours dans un asile, Nellie Bly – 2016 – Ed. Points 168 p.

Nellie Bly était une journaliste américaine du fin XIXème / début XXème siècle. Rédactrice au New York World, elle s’est faite connaître pour ses enquêtes qu’elle a menées inconito. Nellie Bly était une jeune femme engagée qui s’est infiltrée dans diverses administrations afin de dénoncer des attitudes et comportements parfois outrageants. 10 jours dans un asile est le résultat de ses recherches au sein d’un asile américain.

Résumé

Nellie Bly se voit confier une mission par son employeur : s’infiltrer au sein du Blackwell’s Island Hospital de New York. L’objectif est de découvrir et dénoncer les épouvantables conditions de vie des “patientes”, cachées à la connaissance de tous. Ce ne sera pas chose facile.


Suivront ensuite deux articles rédigés par l’auteur sur le travail des femmes en usine ainsi que sur une entreprise de placement des domestiques.

Mon avis sur l’œuvre

L’employeur de Nellie est clair : elle doit chercher un moyen d’intégrer, en tant que patiente, l’hôpital. Lui trouvera un moyen pour l’en délier. Assez effrayant de s’engager dans une telle enquête, partir dans un milieu inconnu qui la privera de sa liberté. Nellie Bly n’a pas pour autant eu peur, prend son nouveau défi en main et commence à chercher le moyen de se faire passer pour “folle”.


La procédure d’internement n’est pas évidente. L’hôpital est financé par les habitants de la ville de New-York. De ce fait, les malades doivent réunir des conditions particulières pour bénéficier de l’aide publique. Il faut une décision de justice pour être interné. Et surtout, la personne doit être reconnue comme pauvre. Il faudra donc user d’imagination pour que le juge considère Nellie comme folle.


Lorsqu’elle réussit sa mission, elle intègre l’hôpital et les conditions d’internement des malades semblent inimaginables. A l’heure d’aujourd’hui, après des études approfondies de spécialistes dans le domaine de la psychologie, nous avons conscience de la fragilité d’un esprit malade. La façon dont les infirmières les traitent ne peut que les rendre encore plus folles ! De la violence physique à la violence morale, les émotions des patientes sont secouées dans tous les sens. C’est terrible.


Nellie constate très rapidement que les patientes sont saines, et peu nombreuses sont réellement malades. Les médecins ne sont pas suffisamment à l’écoute pour prendre en compte leurs appels à l’aide. Car nombreuses sont les patientes qui clament leur sanité. Le personnel médical n’y prend guère attention et fait preuve d’un complet aveuglement face aux traitements d’une violence difficilement supportable que subissent les “folles”. C’est un cauchemar que ces femmes vivent.

Conclusion

10 jours dans un asile est un témoignage puissant qui permet d’observer l’évolution des asiles psychiatriques. Cette recherche effectuée par Nellie n’a pas été vaine. C’est avec difficulté qu’elle a quitté l’asile après 10 jours d’internement, car ce fut difficile d’abandonner à leur sort ces femmes qui ne sortiront sûrement jamais de cet endroit. Elle a décidé à sa sortie de porter plainte contre l’établissement et contre le personnel médical. C’est avec plaisir que nous apprenons, à la fin de cet article, que la ville de New-York a écouté les plaintes qu’elle a émises et a décidé de fournir un montant conséquent à l’hôpital afin d’améliorer les conditions d’internement et de soin des patientes.