Les gens heureux lisent et boivent du café, Agnès Martin-Lugand – 2013 – Ed. Pocket, 187 p.

Le premier roman d’Agnès Martin-Lugand, Les gens heureux lisent et boivent du café, a permis à cette dernière de se faire une place dans les écrivain(e)s à succès de notre époque. Son histoire fut adaptée en BD en janvier dernier (par Véronique Grisseaux, aux éditions Michel Lafond). Cette femme issue de la ville de Saint-Malo ne cesse de nous étonner. 

Résumé 

A la suite d’un accident tragique, Diane perd son mari et sa fille. Seule, accompagnée de son meilleur ami Félix, elle poursuit douloureusement le chemin de sa vie. « Les gens heureux lisent et boivent du café », c’est le café qu’elle possède et dans lequel elle travaille. Mais poussée par une dépression qui l’assaille, elle décide de partir à la rencontre du pays qu’elle a toujours souhaité visiter : l’Irlande. Elle s’exile, du jour au lendemain, seule, dans ce pays froid et pluvieux, laissant son café à la direction de Félix.

Mon avis sur le livre

Les gens heureux a su faire ses preuves. Et on comprend pourquoi. Je ne vanterais pas une écriture fabuleuse. Agnès Martin-Lugand nous captive, non grâce à son écriture, mais à l’aide de phrases courtes emplies d’émotions. Le roman est court, l’histoire est simple. Rarement attirée par ce type de roman, j’admets avoir lu Les gens heureux rapidement. J’ai longtemps fait la guerre à ces histoires que je considérais comme « simplistes ». Je pense que j’avais tort (pour certaines d’entre elles, tout du moins).

C’est un sujet douloureux qui est abordé, et il n’est pas assommant de tristesse. Agnès ne développe pas les sentiments dépressifs de Diane à tel point que nous pourrions réellement les ressentir. Nous nous situons plus simplement dans la période où l’héroïne retrouve petit à petit sa vie. Nous observons un combat difficile, la reconstruction d’une vie déchirée. C’est émouvant, et c’est un message fort qu’elle souhaite nous adresser.

J’admets avoir trouvé assez cliché l’image d’Edward, l’homme mystérieux avec qui elle se liera en Angleterre (d’amitié ou plus, à vous de le découvrir en lisant le livre 😉). Pourtant, son existence n’est pas tant gênante. Nous apprécions son côté réservé, ténébreux, protecteur, insolent.

Je regrette que le livre ait été aussi court. Il se passe beaucoup d’épreuves dans cette histoire, et je pense que certaines auraient pu être plus approfondies. Néanmoins, c’est cet aspect rédactionnel qui fait le charme de l’écrivaine et qui lui a permis un tel succès. D’ailleurs, pour donner suite à l’engouement observé, Agnès Martin-Lugand a rédigé un second tome sur les histoires de Diane : La vie est facile, ne t’inquiète pas (en voici des romans qui possèdent toujours un ton poétique !).

Conclusion

Je conseille fortement l’écriture d’Agnès Martin-Lugand pour ceux qui aiment « tout » type de lecture. Même si, moi qui apprécie particulièrement les classiques de la littérature, j’ai été charmée par ses histoires (et de ce fait, ai lu nombreux de ses romans). Je pense qu’elle peut apporter bien des surprises à celles et ceux qui acceptent de se laisser porter sans se laisser influencer par des attentes trop importantes.

Camille, mon envolée, Sophie Daull – 2015 – Ed. Le Livre de Poche, 189 p.

Sophie Daull est comédienne, Camille, Mon Envolée est son premier roman. A travers cet ouvrage, elle retrace une des plus grandes tragédies de son existence : la mort de sa fille, Camille.

Résumé

Après quatre terribles jours de fièvre, Camille, 16 ans, décède. Quatre jours pendant lesquels elle s’est battue. Après avoir contacté les urgences à plusieurs reprises, le diagnostic reste le même : ça n’est rien, ce doit être une grippe, il faut prendre du doliprane et ça passera. Ca ne passe pas. Ce 23 décembre 2013, le coeur de Camille ne tient plus le coup et s’arrête. Sophie Daull perd sa fille. Ecrire pour ne pas oublier. Voici le récit d’une femme endeuillée.

Mon avis sur le livre

Je ne peux mentir en n’avouant pas que ce livre m’a imposée énormément de douleur. « Mon petit chat », « chaton », « mon chat », « ma disparue ». Nous y sommes, dans le cœur déchiré de cette pauvre femme qui a perdu une part de sa vie. Le désarroi de Sophie Daull qui a tenté à tout prix de sauver sa fille, qui a recontacté les urgences à de multiples reprises. Une erreur de diagnostic, une douleur a laquelle les professionnels ne croient pas, et puis un cœur qui s’arrête.

Lorsque j’ai entamé ce livre, je connaissais (bien évidemment) la fin. J’étais préparée à lire cet ouvrage non des plus joyeux. Et pourtant les larmes ne cessaient de couler. Que c’est dur, cette réalité qui fait mal, qui fait peur. Je pense que ce dernier aspect est le plus difficile à accepter. Cette pauvre enfant a disparu en quatre jours, sous une maladie qui ressemblait à une grippe corsée. Notre corps peut cacher des secrets bien sombres.

L’écriture de Sophie Daull ne peut que retranscrire avec beaucoup de simplicité sa douleur. Ce livre, cette lettre d’adieu à son enfant disparu, a été rédigé dans le vif de la douleur. A travers plusieurs flash-backs nous vivons les derniers jours de Camille mais également les quelques mois qui suivront durant lesquels Sophie Daull explique à sa fille comment elle se traîne, comme les jours se ressemblent et sont douloureux. Petit à petit, nous sentons qu’elle se prépare à dire au revoir.

Chaque page, chaque mot est douloureux. Mais c’est un beau livre, un bel exemple de courage face à un deuil qui paraît insurmontable.

Conclusion

Cet ouvrage est le récit courageux d’une femme qui a perdu son enfant. Je ne conseillerais pas aux larmes de crocodile de le lire dans un lieu public. Ce livre est douloureux, mais il est intéressant à « vivre ».

Marie-Antoinette, Stefan Zweig – 1933 – Ed. Le Livre de Poche, 494 p.

Stefan Sweig nous retrace les aventures de Marie-Antoinette d’Autriche à travers cette riche biographie. Cette femme, méconnue de nombreux d’entre-nous, fut la femme de Louis XVI. Elle effectuera son règne avec (un peu trop) de légèreté et de négligence, et fera face à la Révolution Française qui conclura la fin de sa souveraineté.

Résumé

Marie-Antoinette fut reine de France, épouse de Louis XVI. Elle sera décrite comme une femme légère, frivole, méprisante et attiré par les beaux bijoux. La négligence qu’elle portera auprès du peuple français, au détriment des soirées mondaines, poussera ce dernier à se retourner contre la couronne et enflammera les braises d’une Révolution naissante. L’affaire du collier annoncera le début d’une forte colère envers la reine de France. Marie-Antoinette sera victime d’une arnaque digne d’un roman. Une supercherie qui la fera accuser d’utiliser les richesses du peuple pour acheter un bijou de forte valeur. Ainsi se développera la grande Révolution Française.

Mon avis sur l’œuvre

Stefan Zweig est un grand écrivain et historien, connu notamment pour ses biographies. Cet œuvre est la première que je lis de cet auteur, et ce n’est sûrement pas le dernier ! Sweig nous plonge dans une histoire poignante (qui est, tout de même, l’histoire de notre pays) et arrive à nous faire vivre la Révolution Française comme si nous y étions. Malgré le bien fondé non négociable de la Révolution, nous en venons à avoir de la peine pour ce pauvre roi obèse et fainéant, et pour cette reine désarmée face à un tel rejet de son peuple.

Il est intéressant de vivre l’histoire sous l’aspect « royal » et d’essayer de comprendre, malgré tout, la situation des rejetés du peuple. Chaque lettre (peu nombreuses, puisque Marie-Antoinette avait trop peu de patience pour se poser afin d’en rédiger) est intense. La reine de France les a écrites ! Personnellement, j’en avais des frissons.

L’amour interdit que vivra Marie-Antoinette avec Hans Axel de Fersen est intense. Nous y percevons tant de loyauté, ce fut très émouvant et à la fois difficile. Cette femme, qui subit une incompatibilité face à son mari depuis le début de leur histoire, se retrouve infidèle. Nous ne pouvons qu’avoir de la peine pour Louis XVI qui observe passivement cette histoire d’amour face à laquelle il ne peut rien faire.

La traduction de Alzir Hella (traducteur également de A l’Ouest rien de nouveau) est très agréable, douce et riche.

Conclusion

Ce livre est considéré comme un « chefs-d’œuvre » de la biographie classique, que je pense être un incontournable. Je le conseille très vivement à tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de France, ou également à ceux qui, comme moi, disposent d’honteuses lacunes dans ce domaine… Ou bien même à tout lecteur curieux 😊.

Bienvenue sur le blog du Tour du Monde en 80 Livres !

Ca y est, après un an d’échanges sur Instagram, Le Tour du Monde ouvre son blog. Je suis complètement excitée !

Présentation

Je m’appelle Salomé, j’ai 23 ans et je vis en région parisienne. Je lis tous les jours depuis une dizaine d’années. Rares sont les journées qui se terminent sans que je n’ouvre mon livre. Ma lecture m’accompagne à chaque déplacement et m’aide à m’évader. Pour ceux qui ne me connaissent pas, j’ai débuté l’aventure des réseaux sociaux littéraires en mai 2018 lorsque j’ai créé mon compte Instagram Le Tour du Monde en 80 Livres pour lequel j’ai été accompagnée par une amie. Aujourd’hui j’ai décidé d’étendre Le Tour du Monde, notamment pour supprimer l’atroce contrainte du nombre de mots d’Instagram…  

Mon lien à la lecture

Lire nous permet de nous imprégner de toutes les histoires que les écrivains nous racontent depuis la nuit des temps. Les histoires m’ont aidée à relativiser dans des moments de difficultés, mais surtout à apprendre les sentiments. L’analyse des ressentis me passionne, il est si essentiel de savoir ce que nous ressentons et pourquoi, mais également ce que ressent notre entourage. Lire permet de comprendre la vie sous différents aspects, ou du moins essayer. Je considère cela comme un outil nécessaire au développement personnel (en addition bien sûr à une passion qui n’a cessé de me donner des raisons de me lever et d’apprécier (j’ai bien dit apprécier, ce qui représente presque une bonne pub pour la SNCF) les transports en communs).

Grâce à eux, nous pouvons devenir ce que nous voulons : Sculpteur, agent secret, reine de France, femme de la bourgeoisie, Président de la République, policier. Nous pouvons être heureux, malheureux, tristes, désemparés, émus, irrités, apeurés, épanouis. Nous pouvons être femme, enfant, homme, avoir 10, 20 ou 60 ans si nous le souhaitons. Nous ne remercierons jamais assez Maurice Druon de nous avoir transportés dans l’histoire de France avec tant de frénésie, ni Ken Follett de nous avoir passionnés sur les procédés de construction d’une cathédrale, Anne Delbée de nous avoir conté l’histoire d’une des plus grandes sculptrices du XIXème siècle, Emile Zola de nous avoir emportés dans les épreuves toutes plus farfelues les unes que les autres des Rougon-Macquart. Mais encore Simone de Beauvoir d’avoir milité pour les femmes à travers son Deuxième Sexe, ou Simone Veil de nous avoir inspirés à travers son autobiographie. Je ne pourrais m’arrêter si je ne me forçais pas. Et pourtant, toutes ces connaissances dont nous nous nourrissons ne représentent qu’une infime partie des œuvres qui constituent notre planète. Une vie est trop courte pour lire tout ce que nous souhaiterions connaître.

Le partage des lectures, des découvertes, nous permet de connaître des avis sur des thèmes que nous n’aurions peut-être pas sélectionnés. Je souhaite à travers ce blog à vous faire découvrir les lectures qui m’accompagnent. J’espère de tout cœur que ceci vous plaira. Et surtout, n’hésitez pas à me donner vos feedbacks.

Bon voyage au sein du Tour du Monde en 80 Livres.

– Salomé.